Mardi 13 Février a eu lieu la première édition de la conférence School of PO dans le 13ème arrondissement de Paris. La School of PO est une communauté lancée depuis presque un an, qui s’adresse particulièrement aux Product Owners, avec des meetups organisés à leur intention.

Résumé de ce qu’il s’est passé durant cette journée :

The Learners Hypothesis

Pendant cette conférence, Alberto est revenu sur la notion d’apprentissage au travail, qui est trop souvent oubliée au quotidien.

Le job de Product Owner a été inventé afin d’avoir quelqu’un qui puisse refuser les changements pendant les sprints. Le PO est donc une barrière entre les équipes de développement et les clients. Cependant, la connaissance finit par être limitée par le PO. Il se dit qu’il emmagasine toute la connaissance afin d’accélérer le codage. Or, ceci est une très mauvaise pratique. En effet, la connaissance doit être partagée à tous, d’autant plus que s’il existe un gros turnover dans votre société, la connaissance s’en va, le mauvais code reste.

L’ennui est l’ennemi suprême de l’apprentissage. Or, des spécifications de 200 pages, c’est de l’ennui, donc un frein à l’apprentissage.

L’apprentissage aura dans tous les cas lieu dans votre équipe, que ce soit via des nouvelles technologies ou d’autres biais. L’apprentissage nécessite des erreurs et du feedback, afin de garder un process d’amélioration continue et de changement. Ne protégez pas votre équipe de leur but.


Inventer ses limites

Lamine Gueye nous a ensuite raconté son parcours. Il a participé aux Jeux Olympiques de 1984, 1992 et 1994 en tant que skieur alpin pour le Sénégal. Afin de participer aux JO, il a dû créer la Fédération Sénégalaise de ski et surtout se battre afin d’y arriver. Il nous a parlé des trois fondamentaux :

  • le coeur : c’est l’envie de faire, le moteur. Lamine nous a parlé d’un cadre, qu’il faut créer le plus grand possible afin d’atteindre ses objectifs.
  • la pièce : c’est le cadre, l’environnement. C’est la limite que l’on se met dans la tête. Est-ce que je prends le chemin facile ou le chemin difficile ? Est-ce que je provoque la chute de la pièce du côté difficile ou du côté simple ? Là encore, la limite est dans notre tête.
  • la boîte à outils : Lamine ne pouvait pas aller skier aux JO pour le Sénégal car la Fédération Sénégalaise de ski alpin n’existait pas. Alors il l’a créée. Il a créé l’outil. Il a fabriqué ce qu’il manquait pour atteindre son rêve. N’hésitez pas à créer ce qu’il vous manque, au travail, pour obtenir ce que vous souhaitez.

Il ne faut pas se contenter de ce qui existe, il faut le créer. J’ai trouvé que la conférence de Lamine était bien au-delà d’une simple conférence de principes à appliquer au travail. C’était des principes de vie qu’il nous a inculqués, des conseils pour notre quotidien.


Jouer, c’est sérieux

Je me suis demandé en quoi la production d’émissions de télévision pouvait avoir un rapport avec le métier de Product Owner. Puis au fur et à mesure de la présentation, je me suis aperçue que la production d’émissions de télévision était exactement la même chose que la création d’un produit web. Il faut d’abord une idée, qui vient de sa tête, de l’étranger ou d’un diffuseur. Cette idée est ensuite retravaillée, façonnée puis validée. Elle est ensuite expérimentée, puis une fois sur le plateau, le décor, la lumière, la réalisation, l’informatique subliment sa mécanique. Exactement comme la création d’un nouveau produit. Les développeurs, les designers, UX, PO, PM, clients, tous font partie de la mécanique pour sublimer une idée originale. Merci à Laure Chouchan pour cette présentation.


Suivre son intuition

Après avoir été présentée par l’un de ses clients comme la meilleure Product Owner qu’elle connaissait, Lyvia Cairo nous a raconté son parcours. Elle était consultante en management, mais elle a quitté son job car ce n’était pas ce qu’elle souhaitait. Elle a ensuite lancé un blog (jemecasse.fr), elle a gagné de l’argent, fait des formations, mais elle s’ennuyait. Elle a alors décidé de s’écouter et d’écouter son intuition. Nous avons tous accès à la même quantité d’informations, il faut savoir l’écouter. Il faut aussi avoir confiance en son intuition, car si vous avez confiance en votre intuition et que vous l’affirmez, les gens vous croiront un peu plus.

J’écoute beaucoup mon intuition, il m’est déjà arrivé de recevoir une demande de fonctionnalité de la part d’un client et de me dire “ça ne fonctionnera pas” mais sans pouvoir expliquer pourquoi, de mal sentir la fin d’un sprint, voire même de sentir que mon équipe de foot préférée allait perdre son prochain match. La conférence de Lyvia m’a permis de me dire que je pouvais clairement assumer de dire “je ne le sens pas”. Au moins, j’aurais prévenu mes clients, et mes amis qui font des paris en ligne. Ecoutez-vous, car comme elle le dit, “on va tous mourir de toute façon”.


Scarabée Storytelling

Nicolas Vérité est Product Owner et nous a enseigné une nouvelle façon de faire nos tests avec un autre outil que le classique Gherkin, le Story Telling. Il s’agit donc de raconter une histoire, avec un langage compréhensible pour toutes les parties prenantes (développeurs, clients etc).

Pour la partie pratique, j’ai pris l’exemple de la refonte du projet sur lequel je travaille. Le fait de travailler avec le storytelling m’a aidé à bien cerner le problème, la solution mais aussi les sentiments ressentis par les utilisateurs du produit donc à mieux les comprendre. Cependant, Nicolas expliquait qu’il avait mis le story telling en place pour expliquer ses epics et ses features. Or, j’ai peur que le temps passé dessus soit trop grand et surtout que les développeurs ne le lisent pas. Je prends le risque de dire ceci, mais les développeurs ont trop tendance à survoler les stories, il faut le minimum de texte possible, du coup j’ai peur que ce soit un peu trop conséquent pour eux.

Le story telling pour un projet est très important, cependant, pour une epic, peut-être que le temps passé serait trop important. J’essaierai dans tous les cas !


The human side of PO : gérer le stress et la pression, easy ?

Le dernier atelier que j’ai choisi avait pour thème “The human side of PO : gérer le stress et la pression, easy ?”. Comme le sujet l’annonce, nous avons travaillé sur les situations qui nous faisaient stresser et les émotions qui en découlaient. Nous avons donc identifié ces émotions (peur, colère, frustration, tristesse), puis, par groupe de 5, nous avons échangé sur les phrases que l’on se dit lorsque nous ressentons ces émotions.

Aujourd’hui, lorsque que je suis face à une situation stressante, je sais quelle émotion je ressens grâce à cet exercice, donc je peux réagir plus rapidement, au lieu de me laisser submerger.


Cessons les estimations !

La dernière présentation de la journée a été la plus épique. Elle était présentée par Frédéric Leguédois et parlait des estimations. Il nous a parlé de 8 façons d’estimer un projet, et il a démoli ces 8 façons d’estimer un projet.

On ne dit pas au soleil de briller plus fort parce que la météo a dit qu’il ferait 5 degrés, alors qu’il n’en fait que 2. On n’impute pas le retard sur le planning à l’équipe de développeurs. On ne demande pas aux développeurs d’estimer, pour finalement multiplier par deux. Un nombre aléatoire multiplié par deux reste un nombre aléatoire.

La plupart des façons d’estimer sont trop aléatoires, non rationnelles et ne permettent pas d’estimer avant le début d’un projet. Alors faites comme Frédéric, développez votre fonctionnalité, terminez-la, et dites à votre client qu’elle sera prête dans 3 semaines. Votre estimation sera toujours fiable.

La conf’ School of PO m’aura permis d’apprendre à mieux écouter mon intuition et mes émotions pour mieux réagir, storyteller mes épics et dire à mes clients que je ne suis pas devin. Merci à Benext pour l’organisation !